| Qui est Sam Char, Personnalité de l’année 2005? | |||||||||||||||||||
| Éva Lecouteur-Bédard | |||||||||||||||||||
Il a fallu tordre un bras à Sam Char pour qu’il accepte que l’on écrive son portrait. « Je pense que je suis assez réservé sur ce côté-là. Je parle très, très, très rarement de ma vie privée. Je me confie très rarement ». Pourtant, il a un discours passionnant et en-dehors de ce qu’on connaît de lui côté professionnel, il est un homme intéressant à découvrir. Comme il a été élu par ses pairs « Personnalité de l’année » du concours Les Mentions d’honneur 2005 de Logimonde l’an dernier et dans le cadre du lancement de la quatrième édition de ce concours, ExpressVoyage.ca vous présente le portrait de Sam Char, directeur exécutif de Sunwing Québec. Saviez-vous que Sam Char est champion canadien de taekwondo et ce, à deux reprises? « J’ai commencé à l’âge de 13 ans le judo et à l’âge de 16 ans, je me suis lancé dans le taekwondo et j’ai gravi les échelons assez rapidement », raconte-il. Il est ceinture noire en judo et l’un des rares maîtres au Canada en taekwondo. Il a remporté le championnat canadien à l’âge de 24 et 27 ans. Il aurait bien aimé participer aux Olympiques mais, à l’époque où il s’entraîne à plein temps, le taekwondo n’est pas encore une discipline olympique (elle l’est seulement depuis les deux derniers Jeux). « Cette détermination et cette discipline des arts martiaux me servent dans mon travail », soulève Sam.
Sam a même été l’entraîneur privé de l’acteur canadien Dan Ackroyd, vedette de plusieurs productions hollywoodiennes, dont Ghost Busters. Mais la carrière au cinéma de Sam ne s’arrête pas là! Il a aussi été cascadeur dans cinq films. Passionné de sport, il joue au tennis depuis une vingtaine d’années. Avec les années, Sam est devenu amoureux de la musique classique et des musées. « J’aime bien aller voir les musées à travers le monde. C’est l’une des premières choses que je vais visiter ». Son préféré est sans hésiter le Louvre. « Quand on va dans des villes comme Paris ou Vienne, la ville est musée. L’architecture est un musée », ajoute-il.
Sam Char, écrivain
Signera-t-il d’autres œuvres? « J’ai d’autres projets, c’est sûr qu’il y en aura d’autres », répond-il. Même s’il considère que cela a été quelque chose de naturel d’écrire, Sam affirme que c’est un peu le voyage qui l’a emmené à écrire. « J’ai fait des longs voyages. Tu prends des notes, tu regardes. » Et ce qui l’a emmené à voyager, ce sont ses parents. Sa mère étant d’origine libanaise et son père, métissé Français, Italien et Libanais, ces derniers ont de la famille un peu partout dans le monde, qu’ils ont visité régulièrement. Sam Char a grandi en Côte-d’Ivoire et en France, avant de venir s’installer avec sa famille au Québec, alors qu’il est âgé de 15 ans. Il a ainsi connu la passion du voyage en développant parallèlement la passion de rencontrer des gens, qui parlent différentes langues et qui proviennent de différents horizons. Sam parle d’ailleurs six langues : français, anglais, espagnol, italien, portugais et libanais. Aujourd’hui âgé de 51 ans, Sam est père de deux enfants, avec qui il partage cette passion du voyage : Julien, 16 ans, et Éliane, 12 ans. Sa femme est psychologue de formation et s’est spécialisée avec les personnes âgées. Aujourd’hui, elle est maman et épouse à temps plein. « La famille ce n’est pas important, c’est LE plus important », confie-t-il. « Pour moi, le plus beau rôle que je ne puis pas avoir, c’est d’essayer d’être un bon parent. D’essayer de donner tout ce qu’on peut donner comme savoir et comme confiance à nos enfants pour les envoyer sur le tremplin. Après, c’est à eux de sauter ». « Un noyau familial est vital, si on veut réussir également en affaires, comme dans sa vie privée. C’est très difficile de réussir l’un sans l’autre ou vice versa ». Entrepreneur, de père en fils Entrepreneur dans l’âme, Sam vient d’une famille d’entrepreneurs : son père, sa mère, ses oncles, etc. « Ce sont des gens, des self-made men, qui n’ont jamais eu de patrons », explique-t-il. Il a pris l’arrivée de Sunwing dans sa vie, qu’il voit comme une aventure extraordinaire, de façon très posée. « J’ai une très bonne connaissance de l’immobilier et j’ai pris des risques également dans l’immobilier ». « Ça a été une décision qui n’a pas été difficile à prendre, avec tout le respect que j’ai pour les autres compagnies pour lesquelles j’ai travaillé, qui sont des grosses boîtes ».
« Dans une plus grosse boîte, tu es juste un joueur dans le rouage. Avec une plus petite boîte, tu deviens pas juste un joueur, tu deviens LE joueur, disons, dans mon cas, au Québec », souligne Sam Char. « Parce que mon rôle au Québec, ce n’est pas juste au niveau de Vacances Sunwing. Je suis directeur exécutif de Sunwing Québec donc mon travail, c’est d’avoir une vision et de préparer le développement de l’entreprise Sunwing Québec tant au niveau de l’aérien que du tour-opérateur, pour les années à venir », explique-t-il.
Sa plus grande qualité est, selon lui, l’intégrité, qu’il retrouve également chez Colin Hunter et les autres membres de sa famille. « Qui se ressemble s’assemble. Sans que nous soyons des saints, je pense que nous sommes des gens intègres et pour moi, c’est une des plus belles qualités ». La famille Hunter l’a d’ailleurs accueilli comme un des leurs. « Une famille qui m’a fait confiance, qui m’a donné les clés du bureau et qui m’a dit ‘make it happen’ (fais en sorte que ça marche) ». Que lui réserve l’avenir?
Mais j’espère travailler, que ce soit avec Vacances Sunwing, ou dans le futur dans mes investissements personnels immobiliers. Définitivement, le travail, c’est la santé. Et tant que je peux travailler, c’est valorisant. J’aime travailler; travailler pour moi, ce n’est pas difficile. Je ne suis pas pour l’oisiveté. Mon rêve c’est de travailler et voyager », poursuit Sam.
Il aime d’ailleurs se rappeler une phrase célèbre du grand cousin de son père, l’écrivain français René Char : « Je suis heureux parce qu’aujourd’hui est le premier jour du reste de ma vie ». L’une des choses dont il est le plus fier relativement à l’arrivée de Sunwing au Québec, c’est d’avoir créér des emplois, dont 170 directs. « À chaque deux semaines, sur chaque enveloppe de feuille de paye, j’écris ‘merci’, pour tout ce monde-là ». Il se considère comme un chef d’orchestre. « Chaque maillon de la chaîne est important. Quand il y a un maillon qui brise, toute la chaîne tombe », illustre-t-il. « Pour l’instant, toute ma vision, tout mon travail, tout mon dévouement est vraiment à Vacances Sunwing » indique Sam. « Avant tout, c’est ce que j’ai à coeur : conserver les emplois qu’on a, faire progresser la compagnie, lui donner une croissance prudente. L’hiver n’est pas fini, mais c’est pratiquement mission accomplie pour Vacances Sunwing. Nous devions avoir 32 000 sièges, nous sommes rendus à 70 000 sièges au Québec ». Ce succès, il l’attribue en grande partie à l’appui des agences de voyages, à qui il voue un amour et une reconnaissance incommensurables. « Moi, je crois qu’il y a un rôle pour l’agent de voyages, le voyagiste, la compagnie aérienne, mais chacun doit se cantonner dans ses propres affaires. Mais que tous, fondamentalement, doivent se dire « let’s have fun together ». On est avant tout des partenaires, ensemble à part entière », tient à dire Sam. « Quand le consommateur vient nous voir, on lui vend un beau rêve, de partir. Il faut qu’on revienne à rallumer cette flamme-là. Ce n’est pas ma responsabilité, c’est la responsabilité de tous et chacun dans l’industrie ». |