| La sécurité dans les aéroports est toujours déficiente, selon le Sénat | |||
| John Ward 22 mars, 2007 | |||
Plus de cinq ans après les attentats du 11 septembre 2001, la sécurité dans les aéroports canadiens reste déficiente et la responsabilité de la protection des voyageurs devrait être retirée des mains du ministère du Transport, a recommandé mercredi un comité sénatorial. D'après un nouveau rapport du Comité sénatorial permanent de la sécurité nationale et de la défense, la sécurité dans les aéroports devrait être confiée au ministère de la Sécurité publique. Le ministère des Transport est capable de transporter les personnes et les marchandises le plus efficacement possible, conclut le rapport, mais la sécurité n'est simplement pas son domaine. « Il reste encore beaucoup trop de lacunes en matière de sécurité dans les aéroports canadiens pour rassurer tous les Canadiens », affirme le rapport de 144 pages. Les sénateurs n'ont pas nommé d'aéroport en particulier, précisant qu'ils sont tous déficients. Le ministre des Transports, Lawrence Cannon, a estimé que le personnel des aéroports est plus vigilant aujourd'hui que par le passé. « Je suis assez à l'aise avec ce que nous avons fait », a-t-il indiqué, ajoutant qu'il prévoyait étudier les recommandations du Sénat. Le rapport demande que la sécurité soit resserrée et qu'elle comprenne notamment des vérifications quotidiennes auprès des employés des aéroports. Il est illogique de fouiller chaque passager tout en n'effectuant que des contrôles aléatoires parmi les 100 000 personnes qui travaillent dans les aéroports, comme les chargés d'entretien, les gens qui manipulent les bagages, qui font le ravitaillement et qui nettoient les avions, a estimé le sénateur Colin Kenny, le président libéral du comité. « Fouillez-les tous », a-t-il lancé. Un précédent rapport sur la sécurité dans les aéroports avait été déposé en 2003, mais selon le sénateur Kenny, les réponses du ministère des Transports relativement à l'application de ses recommandations ont été « empreintes de vague, d'ambiguïté, de non-réponse et de procrastination apparemment généralisée ». Les problèmes identifiés en 2003 comprenaient la présence du crime organisé dans les aéroports, les vérifications insuffisantes des antécédents et le contrôle insuffisant du personnel ayant accès aux aéronefs et l'absence de contrôle du courrier et du fret à bord des avions de passagers. Le rapport décrit ainsi la réaction du gouvernement : « Trop de discussions. Trop de consultations. Trop de réflexion. Et, quand c'est le cas, trop peu d'empressement à régler les problèmes graves. » La sécurité aérienne au Canada a été améliorée depuis quatre ans, admet le comité, « mais les améliorations sont sporadiques ». Les inquiétudes relativement à la sécurité semblent s'atténuer avec le souvenir du 11 septembre 2001, a déploré le sénateur Kenny. « Les gens oublient avec le temps qui passe. » C'est une mauvaise attitude, poursuit-il, parce que le terrorisme reste une menace. La responsabilité des opérations de sécurité devrait être confiée à l'Administration canadienne de la sûreté du transport aérien et celle de la stratégie en matière de sécurité à la Gendarmerie royale du Canada (GRC), estime le rapport. « Ainsi, au lieu de consulter les intervenants pendant des années pour aboutir à des demi-mesures, nous pourrions peut-être en arriver à des mesures complètes et responsables en matière de sécurité et les appliquer dans un délai raisonnable. » Les sénateurs ont aussi recommandé que le gouvernement augmente les effectifs de la GRC d'entre 600 et 800 employés à temps plein afin d'« accroître ses capacités en matière d'enquête et d'analyse dans les aéroports ». |