Les autorités grecques
recherchaient vendredi deux touristes français, un père et sa fille,
portés disparus après le naufrage la veille d'un bateau de croisière en
mer Egée dont les 1600 autres personnes à bord avaient pu être évacuées
saines et sauves.
Parmi les passagers à bord, rescapés, figuraient de nombreux Allemands
et Américains.
Jean-Christophe Allain (45 ans) et sa fille Maud (16 ans) se trouvaient
dans leur cabine quand le navire a heurté jeudi après-midi un récif à
proximité des côtes de Santorin, l'une des îles les plus touristiques de
l'archipel des Cyclades, avant de couler quelques heures plus tard.
L'épouse du couple, Anne Allain, 43 ans, « a pu sortir à la dernière
minute de la cabine qui s'était remplie d'eau, en effectuant un plongeon
», a indiqué la ministre du Tourisme, Fanni-Palli Pétralia, sur une
télévision grecque.
« C'est tragique. Tout s'est passé en quelques secondes », a ajouté la
ministre, qui a rencontré Anne Allain dès son arrivée vendredi matin au
Pirée, principal port du pays près d'Athènes, avec une partie des
rescapés.
Un fils du couple, Raphaël, âgé de 14 ans, figure aussi parmi les
rescapés.
Il ne se trouvait pas dans la cabine au moment de l'accident, selon
les déclarations de sa mère à la ministre. La famille française était
originaire du Doué La Fontaine près de Nantes (ouest de France).
Quatre hommes-grenouilles, un patrouilleur de la police portuaire de
Santorin et un bâtiment de la marine de guerre effectuaient des
recherches vendredi autour du bateau coulé, selon le ministère de la
Marine marchande.
Les hommes-grenouilles vont peut-être avoir à casser « les hublots du
navire naufragé pour faire des recherches à l'intérieur du bateau », a
indiqué à l'AFP un responsable du bureau de presse du ministère.
On ignore jusqu'ici les causes de cet accident survenu alors que les
conditions climatiques étaient « bonnes », avec des vents de 5 Beaufort
soufflant dans la région, selon le ministère.
La police portuaire de Santorin a ouvert une enquête et le capitaine a
été interrogé par les autorités.
Au total, 1156 passagers, dont de nombreux Allemands et Américains, et
391 membres d'équipage se trouvaient à bord du Sea Diamond, qui
effectuait depuis lundi dernier une croisière dans les Cyclades, le
Dodécanèse et en Crète (sud). Santorin était la dernière escale du
bateau avant son retour au Pirée.
Long de 143 mètres et battant pavillon grec, le Sea Diamond avait pris
une gîte de 12° après avoir heurté un récif près de Santorin.
Aussitôt, les autorités avaient mis en place une opération d'évacuation
pour secourir les passagers et les membres de l'équipage avec des canots
de sauvetage. Cette opération a duré près de trois heures.
Après avoir passé la nuit dans des hôtels de Santorin, la majorité des
passagers rescapés sont arrivés vendredi matin au Pirée à bord du bateau
de croisière Aegean II, tandis qu'environ 700 autres étaient attendus en
début d'après-midi à bord d'un autre bateau, la Perla. D'autres rescapés
sont restés sur l'île de Santorin.
Certains passagers ont déclaré aux médias la confusion qui régnait lors
de l'accident et estimé avoir été informés tard par les membres de
l'équipage de l'incident.
« Nous ne savions pas comment réagir, nous n'avions pas eu d'information
et pendant une heure et demi je restais sans gilet de sauvetage », a
déploré un quinquagénaire américain.
« Nous avons entendu un bruit, j'ai cru que le bateau a jeté l'ancre,
mais le navire a rapidement pris une gîte de 22°, alors j'ai compris que
quelque chose de sérieux avait eu lieu », a déclaré un autre passager.
Administré par la société chypriote Louis Hellenic Cruise Lines, le Sea
Diamond avait été construit en 1986 avant d'être rénové dix ans plus
tard. Il effectuait souvent des croisières dans les îles grecques.
La police portuaire de Santorin a pris vendredi des mesures
antipollution autour de l'épave du bateau après qu'une « petite nappe
longue de 100 mètres » soit apparue. Selon le ministère, « il n'a pas
pour le moment de risque de pollution pétrolière, cette nappe provient
des eaux usées du bateau ».
Alors que des dizaines de milliers de passagers naviguent chaque année
dans les eaux grecques, les accidents meurtriers demeurent relativement
rares.
Le plus important survenu ces dernières années a été le naufrage en 2000
du ferry grec Express Saména, près de Paros, dans l'archipel des
Cyclades, qui avait fait 80 morts. |